15.12.2006

J'AIME PAS LES GENS (1)

Les gens dans leur ensemble me donnent l'impression que la vie est merdique. Alors que pris un par un, ils peuvent donner l'espoir que non. J'aime pas les gens qui regardent pas où ils vont sur un trottoir plein de monde, les gens qui s'arrêtent de marcher d'un coup pour bloquer devant une vitrine, les gens qui traînent leurs valises derrière eux comme un sale clébard, de véritables casse-gueules ambulants, les gens qui tirent une gueule de trente-six pieds de long, alors que j'en fais partie...En gros j'aime pas pleins de trucs, j'ai pas forcément de raisons à donner pour l'instant, et c'est très facile.

C'est juste un cri du coeur....

03.11.2006

RIEN N'EST PAREIL ET RIEN NE CHANGE (4)

Au pied des escaliers tourne en rond la petite moto qui chante la lambada.

Dans les couloirs de châtelet traînent en longueur les vendeurs de posters lambda.

Sur les sièges des quais des hommes qui puent dorment ou meurent, on ne le saura pas.

Dans le métro, des gamins dansent et rappent mes oreilles en lamelles, je ne leur donne pas.

RER. Assise en face de moi, une blonde regarde en l'air. Y'a rien mais elle regarde...

Derrière une bande de jeunes écoutant chacun dans leur coin du rap de merde sur des portables à la con. 

Une dame voilée passe dans les rangs, pose des papiers, agite des pièces, reprend son bien, repart.

A la sortie de la gare des contrôleurs attendent. Je redescends sur le quai.

Ils me chopent sur le quai et me foutent en souriant un papier bleu dans le cul.

Rien n'est pareil et rien ne change.

Et si demain est un autre jour,

L'autre toujours est certainement demain. 

27.10.2006

J'aime pas les vieux (1)

27/09/06

Salle d'attente du médecin. Evelyne vient d'appeler Gérard pour le prévenir de ne pas l'attendre et d'aller seul chercher du pain, parce qu'elle ne pourra certainement pas le faire, il y en a bien encore pour 3/4 d'heure, 1 heure.

Moi je suis là depuis deux heures : arrivé 5 minutes avant l'ouverture, mais déjà précédé par une petite dizaine de vieux en attente d'occupations. Un couple de graisse attend : l'homme occupe deux chaises avec son gros cul, et ça a l'air de les faire marrer, ils se font des blagues, ils sont mignons... Il lit le Parisien. Elle, a les bras croisés, et des yeux de poisson mort. Elle attend, en observant, sans jamais saisir aucun magazine. A ses côtés, un quarantenaire : mimétisme ou fainéantise, il a les bras croisés et le ragard dans le vide. Passé un moment où il ne s'est rien passé, Monsieur consent à se saisir d'un magazine et à sortir ses petites lunettes carrées. Il lui aura fallu une heure pour motiver son intelligence. 

Le gros a fini son journal. Il me regarde avec cet air que je ne supporte pas, cette arrogance du vieux qui connaît la vie mieux que moi, et qui rêverait que je lui tienne pas la porte pour pouvoir m'infliger une leçon de morale. La grosse a toujours les bras croisés sur son bide et son sac de cuir vide. Quand elle respire, le sac crisse, c'est irritant. Ils se lèvent enfin, en soufflant. ils ont bien pour une demi-heure à se faire tripoter la graisse, pour entendre au final que tout va bien, ou tout va mal, de tout façon kes j'en ai à foutre. Pendant ce temps, j'écris, je lis, j'observe. Je me sens différent, mais non, je ne suis qu'un malade comme les autres. Alors j'attends.