a l'hopital

Petit texte écrit dans le hall d'urgence de l'hopital Pompidou, le soir du 26 octobre 2003. Ouaouh, c'était la fête !

Petits et bons les hommes en verre
S’éclatent le crâne par terre
Et pendant que les photographes
S’activent sur mon épitaphe
Les tasses à thé jouent à cache-cache
En attendant la fin du monde.
Sal air pour un destin serein
Acier d’un cœur en plein péril
Aux courants pourris par des fils
Croquant les jambes de ma bêtise
Avec un éternel entrain.
En sciant les ongles de mon compte
En banque de données falsifiées
J’allume et lime leur pitié
Pour que ma liberté se fâche
Et rompe avec mon anévrisme.
Et là surgit ce lourd courant
Aux pas lents et dégingandés
Qui soudain court à la ren-
Contre d’un torrent
Bien étudié.
Les hommes verts je les tuerai,
Et graverai sur leur tombale
Le secret d’une grande cabale.
Puis je scierai les photographes
En de multiples paragraphes
Et remplirai les tasses à thé
Pour mieux pleurer la fin du monde.

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